PHOTO : JEAN-MICHEL VOGE

Carcasse en osier
Dans sa chair muette
Dos courbé
Sous le poids des jours
Casimodo des bars
Le soleil gicle sur le bitume
Il n’est plus là
N’est plus tout court
Mains grises croisées sur le ventre
Yeux en creux
La place de son corps déserté
Sur ce lit immense
Silhouette gisant dans l’ombre
Toutes ces bougies autour
Adoucissant les angles
Donnant à sa peau un reflet d’or
Les images reviennent par vagues
Le fouettent
Le déchiquettent
Une baïonnette dans sa tête
Il marche vite
Se rue vers l’oubli
Rien n’y fait
Il les revoit tous
Tous ces verres bus ensemble
Ces bouteilles d’alcool vidées
Ces bars écumés
Ces petits matins d’enfance partagés
Ces heures à construire une cabane
Avec les coussins bleus du canapé
Tous ces pays découverts ensemble
Tous ces kilomètres dévorés
Le bitume est aride
Chaque pas est une quête
Chaque pays une nouvelle planète
Le vide revient chaque matin
Au réveil
Il n’est plus le fils de personne
Il n’est plus là
N’est plus tout court
Son père
WICKER CARCASS (poem)
Wicker carcass
In his mute flesh
Curved back
Under the weight of days
Casimodo of bars
The sun squirts on the asphalt
He’s not here anymore
No longer there anywhere
Gray hands crossed on the stomach
Sunken eyes
The place of his deserted body
On this huge bed
Silhouette lying in the shadow
All these candles around
Softening the angles
Giving his skin a shimmer of gold
The images come back in waves
Whip him
Shredded him
A bayonet in his head
He walks fast
Rushes into oblivion
Nothing works
He sees them all again
All these drinks together
These empty alcohol bottles
These skimmed bars
These shared childhood mornings
Those hours of building a cabin
With the blue sofa cushions
All these countries discovered together
All those kilometers devoured
Bitumen is arid
Every step is a quest
Every country a new planet
Emptiness returns every morning
When you wake up
He is no longer nobody’s son
He’s not here anymore
No longer there
His father